Le regard de Céline de Sousa, consultante culinaire

interview

Le regard de Céline de Sousa, consultante culinaire

interview

Chef, consultante et styliste culinaire, Céline de Sousa organise des événements, donne des cours, multiplie les partenariats, notamment avec Ma Petite Assiette... Et elle trouve aussi le temps d’écrire : son dernier ouvrage, « Je cuisine pour bébé et toute ma famille », paru en janvier 2019 aux éditions Larousse, est un véritable succès, réédité après seulement 3 semaines !

Pour reprendre le titre bien connu du roman de Jonathan Safran Foer, faut-il manger les animaux ?

Oui, pour moi, manger de la viande est une nécessité. En effet, les protéines animales s’avèrent très utiles au bon fonctionnement de notre organisme. Lorsqu’on souhaite les remplacer, c’est assez complexe et il faut savoir que celles d’origine végétale n’ont pas les mêmes propriétés. Par contre, il est important de choisir une viande de bonne qualité, issue d’élevages dont les pratiques sont respectueuses du bien-être animal et de l’environnement. D’autant qu’il s’agit également du cycle de la vie, car une bête élevée dans de bonnes conditions peut apporter beaucoup à l’homme comme à la nature. Au final, c’est tout simplement une question d’équilibre.

Le flexitarisme peut-il être une réponse aux maux dont est accusée la consommation de viande aujourd’hui ?

Tout à fait ! Je pense même que c’est LE grand mouvement du moment qui redonne son plein sens au régime omnivore, aux côtés des régimes végétarien ou encore végane. En effet, beaucoup de Français, quel que soit leur profil, veulent manger de tout, mais mieux, de saison, local… Cette approche, qui s’était perdue, notamment dans les grandes villes, fait son grand retour actuellement. Et, d’après ce que j’observe chaque jour dans mon travail, elle devrait encore prendre de l’ampleur dans les années à venir. Cela correspond d’ailleurs aux interrogations de plus en plus nombreuses sur le mode de production de notre alimentation et ses impacts environnementaux, sociétaux ou économiques.

Quelles tendances observez-vous actuellement en matière de food ?

La tendance est clairement de consommer la viande autrement. Personnellement, j’achète ma viande chez un boucher Meilleur Ouvrier de France. Il se fournit auprès d’éleveurs produisant des produits de qualité, sait parfaitement d’où viennent ses côtes d’agneau, par exemple, et attend de les écouler avant d’en recommander. Ce type de viande a un prix, certes, mais aussi une tendreté et un goût incomparables. Alors, ça donne envie de la sublimer avec de bons légumes et on ne la mange pas pour se nourrir, mais pour profiter du moment.
Donc, on la prépare soigneusement, dans le respect du produit et la boucle est bouclée !

Vous êtes ambassadrice du collectif « Les filles à côtelettes » : quel rapport les femmes entretiennent-elles avec la viande ?

Ce collectif est né pour affirmer que la viande n’est pas par essence masculine, mais il est ouvert à tous, y compris aux hommes, bien sûr ! Au restaurant avec mon mari, si nous commandons un steak tartare et un blanc de poulet grillé, on me servira quasi systématiquement ce dernier, alors que c’est plutôt l’inverse dans notre couple. L’objectif est donc de lutter contre les clichés et de promouvoir la consommation d’une viande de qualité, à travers des événements de tous types nous permettant de recréer du lien avec les consommateurs et de partager des moments conviviaux souvent autour de dégustations.

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